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17/11/2017

AUDITION CONSEIL vous parle de l’hyperacousie

L’hyperacousie est un handicap auditif invisible, de plus en plus courant, qui toucherait 4 millions de Français en 2020, selon l’association des Journées Nationales de l’Audition. Mais qu’est-ce que l’hyperacousie ? Quelles en sont les causes ? Et comment la soigner ou l’éviter ?

Définition de l’hyperacousie

L’hyperacousie est un terme que Henry. B Perlman a introduit en 1938 dans la littérature médicale, par le biais d’un article qui expliquait la « trop forte » tonalité d’une sonorité à l’oreille. L’hyperacousie est aujourd’hui utilisée pour désigner la perception de sons à un niveau plus élevé que la normale. L’ouïe n’est pas augmentée pour autant, puisque l’hyperacousie est due à une baisse auditive sur certaines fréquences. Le son est alors perçu de manière altérée, fragmentée et engendre de l’inconfort. Cette pathologie se caractérise par un dysfonctionnement de l’audition qui occasionne une hyperfragilité de l’ouïe. Cela a pour conséquence de rendre douloureuse l’écoute de sons courants. Elle peut également s’accompagner quelquefois de surdité et d’acouphènes. L’hyperacousie est très courante chez les musiciens, les standardistes et les ouvriers de chantiers, car ils sont exposés quotidiennement à des atmosphères bruyantes.

Quelles sont les causes de l’hyperacousie ?

Cette affection apparaît souvent suite à un traumatisme sonore (ou choc acoustique), mais aussi à cause d’expositions répétées à des bruits d’intensité élevée (musique forte, déflagration, travaux…).

Beaucoup de facteurs peuvent entrer en compte lorsque l’on recherche l’origine d’une hyperacousie, néanmoins les médecins sont désormais capables de comprendre plus facilement les mécanismes qui peuvent l’engendrer. Parmi eux, on peut notamment relever :

  • La dégénérescence de l’audition causée par la vieillesse ;
  • Les traumatismes acoustiques et émotionnels comme le syndrome de stress post-traumatique ;
  • La consommation régulière de médicaments ototoxiques, qui peuvent endommager vos oreilles et engendrer des pertes auditives ;
  • Les commotions crâniennes qui modifient la structure du crâne et causent des dégâts parfois irrévocables ;
  • Les conséquences de l’autisme ;
  • Les blessures sensorielles causées par des sons trop forts et auxquels vous avez pu être exposé trop longtemps ;

Quels sont les symptômes de l’hyperacousie ?

C’est un phénomène qui est rarement très prononcé, mais en cas d’hyperacousie aiguë, les sons de la vie courante tels que les sonneries de téléphones, les musiques à la radio ou à la télévision, ou encore les discussions de groupe deviennent insupportables – voire douloureux. En effet, si la limite de risque pour les personnes normo-entendantes est fixée à 105 décibels tandis que le seuil de la douleur intervient à partir de 120 décibels, les individus souffrant d’hyperacousie manifestent des sensations de souffrance dès 60 décibels. C’est en prenant en compte ce paramètre que l’on reconnaît le plus facilement cette affection, néanmoins d’autres symptômes sont caractéristiques de celle-ci, comme les vertiges, les migraines, les nausées, des douleurs aux oreilles ou encore une fatigue chronique.

Consulter lors de problèmes d'hyperacousie prononcés

À quel moment faut-il consulter ?

Lorsque vous souffrez de symptômes similaires à ceux décrits, il faut consulter votre médecin généraliste afin qu’il vous oriente vers un oto-rhino-laryngologiste (ORL). Celui-ci pourra, après un bilan ORL complet (auscultation physique et questions sur votre vie quotidienne), identifier l’origine de la pathologie et poser un diagnostic. Après ce bilan, le patient doit souvent revenir chez l’ORL afin d’effectuer des tests supplémentaires et d’évaluer la limite sonore en décibels qu’il peut supporter. Ce seuil d’intolérance est calculé à partir d’un examen réalisé dans une pièce insonorisée par un audioprothésiste. Cette méthode, appelée audiométrie, nécessite deux tests :

  • Un test vocal : l’audioprothésiste fait écouter une liste de mots au sujet et lui demande de les répéter, afin de contrôler sa capacité de compréhension lors d’une conversation ;
  • Un test tonal : le spécialiste diffuse des bruits plus ou moins forts, afin de tester le seuil sonore maximal toléré par le patient.

Une fois ces tests réalisés, le médecin ORL pose un diagnostic définitif et explique à la personne souffrant d’hyperacousie quelles solutions s’offrent à elle, afin de soulager et réduire son malaise. Après avoir éliminé les anomalies organiques, une prise en charge générale sera réalisée pour l’anxiété, mais aussi pour faciliter le sommeil. Si vos symptômes apparaissent après avoir subi un traumatisme sonore, mieux vaut consulter rapidement un spécialiste. Si vous ne vous en occupez pas prestement, vous diminuez énormément vos chances de guérison et le phénomène peut devenir irréversible.

Est-ce une pathologie chronique ou éphémère ?

Lorsqu’elle survient, il est impossible de savoir s’il s’agit d’une manifestation temporaire ou d’une atteinte durable, et ses multiples causes sont également susceptibles de déclencher des acouphènes. En effet, il a été démontré grâce à une étude que 40% des personnes atteintes d’acouphènes souffriraient aussi d’hyperacousie. Ces deux maladies semblent se corréler et sont toutes les deux très difficiles à soigner.

Comment gérer l’hyperacousie ?

La première indication contre cette pathologie est de se protéger du bruit, mais uniquement dans les environnements à risque (concert, chantier, cinéma…). La seconde est de rester au calme afin que l’oreille ne soit pas trop sollicitée, mais il ne faut pas totalement s’isoler pour autant, ni porter des bouchons sonores toute la journée. Cela soulagerait peut-être votre embarras de façon temporaire, mais risquerait d’augmenter la gêne sur le long terme en raison d’une privation sensorielle excessive.
L’utilisation de bouchons là où ce n’est pas nécessaire peut avoir des effets délétères. En effet, nos audioprothésistes rencontrent souvent des patients hyperacousiques qui ont eu le réflexe de porter des bouchons pour soulager leur gêne avec pour effet de compliquer terriblement la prise en charge par leur professionnel de l’audition. L’expérience a montré que certains patients qui ne quittaient pas leurs bouchons et les retiraient au moment de leur rendez-vous, demandaient à l’audioprothésiste de ne pas faire tomber son stylo sur le bureau car le manque de protection leur causait une angoisse très forte autour de ce type de bruits.

Se faire aider pour gérer ses problèmes d'hyperacousie

Peut-on soigner l’hyperacousie et quels sont ses traitements ?

Peu de solutions ont pour l’instant été trouvées, mais face à l’augmentation de personnes concernées par cette pathologie, les recherches de médication s’intensifient. Des adaptations ont été proposées, comme des traitements émotionnels contre le stress (psychanalyse cognitivo-comportementale) et des traitements audiologiques (protections antibruit sur-mesure si nécessaire), ils offrent tous deux des résultats variables. Une rééducation de l’oreille est presque toujours indispensable, que ce soit au moyen d’un générateur de bruit blanc, ou par une thérapie de désensibilisation en s’exposant progressivement aux tonalités vécues comme insupportables. Ainsi, grâce à un appareillage adéquat, le patient commencera à se réhabituer aux sons de la vie courante. Cette méthode nécessite une double assistance médicale, par un audioprothésiste et un ORL, afin qu’il puisse personnaliser au mieux votre suivi. Elle permet, si elle est bien effectuée, d’observer une amélioration graduelle de l’état du patient et peut, au bout de plusieurs mois, le guérir. En parallèle de cette méthode, la personne atteinte d’hyperacousie peut être invitée à effectuer de la sophrologie afin de réduire son anxiété et de l’ostéopathie pour se détendre.

Quelles sont les complications liées à l’hyperacousie ?

L’hyperacousie n’est pas un handicap anodin et peut gravement nuire à la santé physique et morale du patient qui en est atteint. Selon le stade de la pathologie et la personne concernée, elle peut parfois prendre des proportions très inquiétantes. C’est pour cette raison que nous vous conseillons de toujours vous faire suivre par des spécialistes de l’audition et des professionnels de la santé (médecin, psychologue…).
Les désagréments liés à l’hyperacousie sont nombreux : fatigue visuelle, baisse d’énergie, comportements distants, émotions négatives… Toutes ces complications éprouvées au quotidien poussent le patient à s’autopréserver de tout ce qui l’entoure et totalement l’isoler, ce qui ne fera qu’empirer la situation. Les sons qui l’entourent comme le cliquetis des clés, les voitures qui passent à côté des fenêtres ou encore le bruit d’un aspirateur, peuvent réduire son bien-être et le pousser à se reclure dans la solitude et le silence. C’est à partir de ce moment-là qu’il faut s’en inquiéter sérieusement, car sinon la personne va s’éloigner de plus en plus de la vie « normale » et de ses proches, la privant de toute sociabilité. Mieux vaut dans ce cas-là s’adresser à un ORL, si ce n’est pas déjà fait, et l’emmener consulter un psychologue, afin de suivre une thérapie et réduire son anxiété quotidienne.

Si la personne n’est pas suivie pour sa pathologie, son état peut encore s’aggraver. À tel point qu’une simple conversation, le bruit du papier qui se froisse ou le tintement d’une cuillère dans une tasse, peuvent l’indisposer. Cet état est souvent accompagné de migraines, de l’impression d’avoir une oreille bouchée ou encore de gros coups de fatigue. La vie sociale devient quasiment impossible, rendant ses relations affectives très difficiles. Les activités quotidiennes deviennent alors insupportables, que ce soit de simples sorties pour faire les courses ou des discussions avec un voisin. La douleur n’est plus seulement intériorisée, puisque des symptômes physiques peuvent apparaître comme des inflammations à l’oreille, des irritations dans la nuque ou dans la mâchoire, des rougeurs sur le visage ou encore des dilatations auriculaires. La personne commence alors à vivre au ralenti, et ses symptômes multiples entraînent souvent l’apparition d’acouphènes.

Ces manifestations physiques sont très difficiles à vivre, mais ne sont rien à côté des dangers psychologiques pour le patient. Les proches doivent s’inquiéter si ces symptômes apparaissent et pousser le patient à contacter un ORL et un psychologue en urgence, afin d’être suivi sur le plan physique et mental et de ne pas laisser la pathologie ruiner sa santé et l’empêcher de mener une vie sociale normale.

Comment anticiper l’hyperacousie ?

Pour se préserver d’une éventuelle hyperacousie, mieux vaut se protéger des bruits excessifs qui vous entourent, et ce, par tous les moyens nécessaires : casque antibruit, bouchon d’oreille… Porter des protections auditives est fortement conseillé en cas d’expositions prolongées à des hauts niveaux sonores comme en concert, lors de festivités où la musique est très forte comme dans les mariages, ou encore au karaoké ou dans les bars.

En Bref…

L’hyperacousie est un terme employé pour désigner la perception de sons à un niveau plus élevé que la normale. Cette pathologie se caractérise par un dysfonctionnement de l’audition qui occasionne une hyper-fragilité de l’ouïe. Cela a pour conséquence de rendre douloureuse l’audition de sons courants. Elle peut s’accompagner quelquefois de surdité et d’acouphènes.
L’hyperacousie apparaît souvent suite à un traumatisme sonore ou à des expositions répétées à des bruits de forte intensité.
C’est un phénomène qui est rarement très prononcé. Mais en cas d’hyperacousie aiguë, les sons de la vie courante tels que les sonneries de téléphones, les sons de la radio ou de la TV, ou encore les discussions de groupe deviennent insupportables.
L'hyperacousie, un phénomène de santé auditive qui se développe
Peu de solutions ont pour l’instant été trouvées, mais face aux chiffres croissants de personnes concernées par l’hyperacousie, les recherches de traitements s’intensifient. Des solutions ont été proposées, comme le port de générateur de bruit blanc, pour des résultats variables.