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Le Mag

Soigner les acouphènes

Cela devient possible grâce aux progrès de la science

Progrès scientifique pour les acouphènes

Réduire les acouphènes au silence

L’acouphène est toujours un symptôme et dans la majorité des cas, celui d’un trouble auditif. Il provient d’un signal nerveux anormal des voies auditives, interprété comme un bruit au niveau du cortex.

Le traitement des acouphènes est souvent associé à une correction auditive et peut nécessiter plusieurs types de soins. Audition Conseil propose une alternative à la thérapie traditionnelle.

Réapprendre au cerveau à reconnaître les bruits

Comment soigner les acouphènes? Il existe plusieurs méthodes pour soigner les personnes souffrant d’acouphènes. Certaines sont associées pour accroître les chances de guérison. Zoom sur les soins qui soulagent.

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Bourdonnement, bruissement, sifflement, tintement… L’acouphène désigne la perception d’un bruit persistant par une personne. Parfois handicapant, fréquemment associé à un sentiment d’impuissance, ce phénomène toucherait six millions de Français. Il nuirait profondément à leur bien-être et leur quotidien. Les acouphènes proviennent le plus souvent de dysfonctionnements du système auditif, de l’oreille jusqu’au cortex.

En période de stress ou de grande fatigue, le cerveau ne parvient plus à gérer ces troubles et la perception des acouphènes est amplifiée. Seul le patient est capable d’entendre et de décrire ces bruits. «Dans 80 % des cas, l’acouphène est la conséquence d’une lésion des cellules ciliées de l’oreille interne qui transmettent les signaux auditifs au cerveau, explique Stéphane Bardet, audioprothésiste Audition Conseil à Aix-en-Provence. Les 20 % restants sont des problèmes stomato, ostéo, vasculaires ou provoqués par une exposition aux sons forts réels.»

La thérapie traditionnelle d’habituation

Comment venir à bout d’un symptôme ? En agissant sur ses causes. S’il est impossible de réparer des cellules ciliées aujourd’hui, on sait de mieux en mieux traiter le dysfonctionnement neurologique. La méthode la plus répandue est la TRT (Tinnitus Restraining Therapy) ou thérapie d’habituation.

Elle vise à détourner l’attention du patient de ses acouphènes en lui faisant percevoir un bruit blanc émis par un appareil placé derrière l’oreille. Couramment présent dans la nature (vent, mer, respiration), ce son agréable enrobe l’acouphène et il est capté en priorité par le cerveau, jusqu’à faire disparaître l’acouphène.

Selon une étude américaine du Better Hearing Institute, menée en 2009 parmi 230 spécialistes de l’audition en Amérique du Nord, six personnes souffrant d’acouphènes sur dix se sentaient mieux grâce au port d’un appareil de TRT, et deux sur dix beaucoup mieux. Cette technologie s’intègre aisément aux prothèses auditives.

Les traitements associés

Pour un meilleur résultat, on combine souvent plusieurs types de soins. Ostéopathie, thérapie cognitive, psychomotricité, voire orthophonie, peuvent être associées au protocole traditionnel. Ainsi, la TRT s’accompagne souvent d’une aide psychologique pour que le patient apprenne à ignorer ses acouphènes. Au programme : exercices de relaxation et de gestion du stress généré par les acouphènes.

D’après une étude danoise du Center for Assistive Devices and Communication (CHC), publiée en 2010, associer de telles thérapies à l’appareillage auditif s’avère très efficace. Basé sur des conversations en profondeur avec chaque patient, le protocole CHC combine appareils auditifs, port d’un masque en cas d’insomnie et autres troubles du sommeil, et conseils individuels de spécialistes.

Une enquête britannique, publiée en mai 2012 dans la revue médicale The Lancet, va dans le même sens. Selon les chercheurs, les meilleurs résultats ont été obtenus en associant une thérapie cognitivo-comportementale qui entraîne le cerveau à éliminer toute pensée négative, et une thérapie qui éloigne progressivement l’attention de la personne de ses acouphènes.

Sur les 492 patients testés entre 2007 et 2011, 245, choisis au hasard, ont suivi des traitements combinés – correspondant à leurs besoins – d’audiologistes, psychologues, orthophonistes, psychomotriciens, physiothérapeutes et travailleurs sociaux. Les 247 autres ont reçu un traitement simple. Le premier groupe a estimé avoir une meilleure qualité de vie et a vu la gravité de ses acouphènes diminuer au bout d’un an, de façon plus importante que le second groupe.

De nouvelles solutions auditives

Nombre d’aspects des acouphènes restent encore mystérieux et la recherche continue. Des essais cliniques ont ainsi mis en évidence l’intérêt de la neuromédiation acoustique (Acoustic Coordinated Reset) pour réduire les acouphènes.

Cette thérapie consiste à faire entendre une série de tonalités dont la fréquence est accordée à celle des acouphènes du patient, plusieurs heures par jour pendant douze semaines, puis à nouveau pendant vingt-deux semaines. Sept personnes sur dix ont été soulagées au terme des essais.

Une autre solution fait ses preuves depuis deux ans : la méthode du bruit blanc variable déployée dans le réseau Audition Conseil. Les méthodes de traitement des acouphènes sont au moins toutes concluantes sur un point : un bruit peut en cacher un autre.