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Quel lien entre perte auditive et déclin cognitif ?

Une étude collaborative sera prochainement menée par des chercheurs avec des audioprothésistes, afin de comprendre ce qui se passe dans le cerveau lorsque l’ouïe baisse.

De nombreux articles ont démontré la relation entre la perte d’audition et le déclin cognitif. Toutefois, on ne sait pas encore comment fonctionne précisément ce lien au niveau du cerveau. Audioprothésiste AUDITION CONSEIL, Mathieu Ferschneider lance cet automne une étude sur la question dans le cadre de son doctorat.

 

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Titulaire d’un Master sur le handicap et l’autonomie, il a fait du handicap sensoriel et cognitif sa spécialité. « Nous utiliserons les données sur les effets de l’appareillage auditif au niveau cérébral, en complément des autres études, annonce-t-il. Un audioprothésiste accède à des informations très concrètes: les caractéristiques de la correction, le gain apporté par l’appareillage, la façon dont il est utilisé, etc.

Nous mettrons ces données en lien avec les capacités cognitives des patients, telles que la mémoire, l’attention ou l’exécution. Nous chercherons sur quels types de fonctions cognitives agissent l’appareillage et le maintien de l’audition. Nous regarderons, par exemple, leurs effets sur la mémoire de travail. » Les effets de l’appareillage « Nous étudierons aussi le risque de chute lié à la perte auditive et comment l’appareillage contribue au maintien de l’équilibre postural, poursuit Mathieu Ferschneider. On sait que le risque augmente de une fois et demie dans l’année avec une perte de 25 décibels. Or une chute peut être lourde de conséquences et entraîner une perte d’autonomie chez une personne âgée.

En résumé, nous voulons voir comment l’appareillage prévient la dépendance en soignant les troubles de l’audition. » L’étude portera sur plusieurs centaines de patients grâce à la participation d’un grand nombre d’audioprothésistes dans le protocole. Elle sera réalisée avec des chercheurs qui étudient le fonctionnement de l’audition au niveau cérébral. Ses résultats pourront ensuite servir à leurs propres recherches, ainsi qu’aux professionnels de la santé auditive. Pour préserver l’autonomie des personnes âgées « Plus nous aurons d’informations sur les effets des audioprothèses, souligne Mathieu Ferschneider, mieux nous adapterons les réglages à chaque cas particulier, quitte à réaliser des tests spécifiques. Les fabricants pourront aussi disposer des données de l’étude pour rendre leurs produits plus efficients. L’enjeu va cependant bien au-delà d’une meilleure prise en charge des malentendants : c’est la préservation de l’autonomie des personnes âgées dans les années à venir. »