Le Mag

29/12/2020

Plus d’options pour plus de confort d’écoute

Plus le nombre de canaux est important, mieux l’on peut régler finement l’amplification des signaux sonores. > légende photo

Quelles différences entre les aides auditives de classe I, entièrement remboursées, et celles de classe II ? Audioprothésiste AUDITION CONSEIL aux Antilles, Emmanuelle Martin l’explique sur la base des principales caractéristiques techniques exigées pour leur référencement par les pouvoirs publics.

Les aides auditives doivent être référencées par le ministère de la Santé et la Sécurité sociale pour être remboursables. Le texte réglementaire1 prévoit que le référencement d’un appareil de classe II passe par celui d’un appareil identique de classe I. Cette obligation permet de garantir un véritable choix d’offres 100 % Santé, mais aussi de suivre l’évolution des produits et de comparer les deux classes. Quelles différences entre celles-ci précisément ? Leurs caractéristiques techniques et le choix entre diverses options permettent de répondre à cette question.

Le nombre de canaux

Un appareil auditif doit comporter au moins douze canaux d’amplification du son, mais certains sont référencés avec huit canaux seulement à certaines conditions. « Plus le nombre de canaux est important, mieux nous pouvons régler finement l’amplification des signaux sonores et ainsi améliorer le confort d’audition du patient notamment l’intelligibilité de la parole dans le bruit, explique Emmanuelle Martin, audioprothésiste AUDITION CONSEIL aux Antilles. Les appareils de classe II permettent une bien meilleure précision avec douze à quarante-huit canaux. »

La directivité du microphone

L’intelligibilité de la parole dépend aussi de la directivité microphonique. C’est pourquoi les appareils référencés à huit canaux sont pourvus de microphones qui adaptent automatiquement leur réception à la provenance de la voix. « Le fabricant qui, en 1995, a inventé cette directivité innovante de microphones multiples l’appelait AudioZoom, se souvient Emmanuelle Martin. Le faisceau de captation du son s’oriente et se concentre sur la parole de la personne que l’on écoute. Aujourd’hui, on va beaucoup plus loin avec des systèmes de détection et d’amplification de la parole dans le bruit sur les appareils de classe II. »

Le réducteur de bruit

Autre condition importante pour le référencement d’un appareil à huit canaux : un réducteur de bruit impulsionnel ajustable par l’audioprothésiste. Une telle fonction permet d’atténuer l’amplification pour les bruits brefs et soudains, comme ceux de la vaisselle ou les aboiements d’un chien. À la façon d’un puzzle, moins la parole est couverte et fragmentée par les bruits environnants, plus le message est facile à reconstituer. L’effort d’écoute et de compréhension est ainsi allégé.

L'appareillage passe par un conseil de qualité

Plus ou moins d’options

Pour les aides auditives à douze canaux au moins, la directivité adaptative et le réducteur de bruit impulsionnel font partie des huit options communes aux classes I et II, car toutes améliorent le confort auditif. Les six autres sont un système anti-acouphène, la connectivité sans fil, la synchronisation du traitement du son entre les deux oreilles, une bande passante élargie, la fonction de mémorisation des modifications moyennes du volume effectuées par l’utilisateur, et la réduction des réverbérations du signal sonore pour limiter l’écho dans un lieu fermé. Les appareils à huit canaux référencés proposent au moins cinq de ces options, les autres appareils de classe I au moins trois, et les audioprothèses de classe II au moins six (sauf cas particulier2).

Les spécificités des appareils de classe II

Ces derniers doivent également avoir au moins une des quatre options spécifiques à leur classe : au minimum vingt canaux de réglage, une bande passante permettant de capter des sons jusqu’à 10 000 hertz de fréquence (pour l’écoute de la musique, notamment, lire page 11), un réducteur de bruit impulsionnel plus fin pour encore plus de confort, une batterie rechargeable. Ces options supplémentaires font toute la différence pour un réglage au plus près des besoins de correction et d’écoute, mais aussi pour l’adaptation aux aides auditives et leur bon usage.

Emmanuelle Martin témoigne de son expérience avec des patients qu’elle suit depuis de nombreuses années. « Au fil du temps, il faut tenir compte de l’évolution de leur santé, et pas seulement de leur audition, explique-t-elle. Avoir à changer des petites piles peut ainsi devenir difficile pour une personne ayant des difficultés de vue ou de préhension. Or nous devons veiller à l’autonomie de nos patients et rester vigilants sur tout ce qui pourrait décourager le port des aides auditives. »

Le risque d’une moindre observance du traitement avec des aides auditives de classe I ne saurait être négligé par un audioprothésiste qui constaterait des difficultés durant le mois d’essai, et ne pourrait les résoudre. Son rôle est d’expliquer et de conseiller si nécessaire l’essai d’appareils de classe II.

Le 100 % Santé, une bonne chose

« Quel que soit le choix du patient, l’existence d’une offre remboursable à 100 % est une bonne chose car elle permet à de nouveaux malentendants d’entrer dans le cercle vertueux de la correction auditive », estime Emmanuelle Martin. Les personnes qui repoussent l’échéance pour des raisons financières n’auront plus ce motif. Et celles qui apprécieront de mieux entendre avec des aides auditives de classe I voudront peut-être encore plus de confort d’écoute, lors de leur renouvellement au bout de quatre années d’usage. » L’accès à la santé auditive, c’est tout l’enjeu du 100 % Santé.

Reste à charge 0 au 1er janvier 2021 : ce qui va changer

LES APPAREILS DE CLASSE 1

Prix de vente limité à 950 €/oreille

Remboursés intégralement par la Sécurité sociale et les mutuelles (selon le contrat de l’assuré)

  • 12 canaux minimum
    • +30 Db minimum
    • 30 jours d’essai minimum
    • 4 ans de garantie
    • Prestation de suivi compris dans l’appareillage
LES APPAREILS DE CLASSE 2

Prix de vente libre

Remboursements :

  • Base Sécurité sociale : 400 € / oreille
    • Mutuelle : selon le contrat de chaque assuré
Avec ces aides auditives plus performantes (nombre de canaux supérieur à la classe I), le confort d'écoute de vos patients est renforcé (notamment dans les situations de bruit ou pour la perception de la parole). Les aides auditives de classe 2 proposent également des possibilités technologiques complémentaires (connectivité Bluetooth, réglages à distance, batterie rechargeable, etc.).

1 - Arrêté du 14 novembre 2018 portant modification des modalités de prise en charge des aides auditives et prestations associées au chapitre 3 du titre II de la liste des produits et prestations prévue à l’article L. 165-1 du code de la sécurité sociale. Paru au Journal officiel le 16 novembre 2018

2 - Pour les aides auditives de types intra-auriculaires semi-profond (ou CIC) et intra-auriculaires invisibles dans le canal (ou IIC), le nombre minimal d’options de base pour une prise en charge au titre de la classe II est abaissé à 3.[/su_auxmobilespoiler]