Le Mag

16/04/2020

Notre corps à l’écoute de la nature

Les sons, comme toutes nos perceptions sensorielles, sont analysés par notre cerveau. Par son intermédiaire, ils contribuent à notre bien-être ou notre mal-être.

Bruits des vagues, de la pluie ou d’une rivière, du vent dans les arbres ou les hautes herbes, de la forêt… Les offres de téléchargement ou d’écoute de sons naturels apaisants ne manquent pas sur Youtube, Spotify, Deezer et autres réseaux sociaux. Et elles ont du succès ! Certains citadins ont besoin de se ressourcer de cette manière, et d’oublier, ne serait-ce qu’un moment, la rumeur incessante de la ville. Juste une illusion ? Non, ces enregistrements sont réellement relaxants. Des chercheurs suédois ont montré que les sons naturels permettent de retrouver plus vite son calme après un stress1 .

Retrouver son calme

C’est encore mieux dans la nature, où l’on peut voir, sentir, toucher et même goûter en même temps qu’on entend. « Allez hop ! Tout le monde à la campagne », comme le chantaient Stone et Charden dans les années 1970. Ou bien à la mer, en forêt ou au moins au parc. En toute saison, il fait bon renouer avec la nature et ses sonorités bienfaisantes, surtout lorsqu’on est exposé aux pollutions sonores des villes le reste du temps.

D’où qu’ils proviennent, les sons naturels apaisants sont à la fois doux et constants.

Sur la plage ou au bord d’un ruisseau, le bruit régulier de l’eau retient notre attention et couvre même les autres sons. On l’entend souvent avant même de voir sa source.

De même, pour le vent dans les arbres. En forêt, la diversité des sons s’accorde pour former un fond sonore qui, en certains lieux et moments, s’apparente au silence.

Le son du silence

Les sons sont d’abord des vibrations qui se propagent dans l’air et atteignent ainsi nos tympans. Ils peuvent aussi nous parvenir sous l’eau ou sous terre, car les vibrations voyagent dans les liquides et les solides plus vite que dans l’air. C’est pourquoi encore aujourd’hui, certains collent leur oreille au sol pour écouter venir un bruit de pas ou de véhicule au loin, bien avant que le vent ne l’apporte. Et c’est aussi pourquoi les vibrations sonores résonnent dans notre corps, principalement composé d’eau, en passant par la peau et les os. Nous ressentons les sons graves dans le bas du corps, les aigus en haut.

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Les bonnes vibrations

Lorsqu’elles sont transmises par l’oreille au cerveau, ces vibrations peuvent être interprétées différemment selon les individus. Notre audition dépend en effet de notre vécu, de nos connaissances et nos ressentis, en plus de nos capacités auditives. Elle peut même se passer de nos oreilles ! Nous pouvons, en effet, avoir des chansons en tête au saut du lit, ou entendre des voix familières simplement en y pensant. Notre cerveau les a mémorisées pour le meilleur et pour le pire. Certains trouvent apaisants des bruits que d’autres ignorent. À chacun sa portée de bons et mauvais souvenirs sonores !

Le corps et la nature sont étroitement liés
1 Département de psychologie de l’université de Stockholm en Suède, Alvarsson, Wiens et Nilsson 2010.